Introduction
Chaque année, au moment de la déclaration de revenus, de nombreux Français se retrouvent face à la même question : que faut-il déclarer concernant leur PEA ou leur assurance-vie ? La déclaration impôts PEA assurance-vie est souvent mal comprise, parfois totalement ignorée. Résultat : des erreurs évitables, des redressements inutiles, ou au contraire une imposition trop lourde faute d'avoir choisi la bonne option. Ce guide complet vous explique, étape par étape, comment déclarer vos revenus de PEA et assurance-vie correctement en 2026.
Pourquoi la déclaration impôts PEA assurance-vie est souvent mal comprise
Beaucoup d'épargnants pensent que tout est automatique : l'assureur ou la banque s'occupe de tout, et il suffit de valider sa déclaration pré-remplie. C'est partiellement vrai, mais partiellement seulement.
En réalité, deux situations coexistent. D'un côté, les établissements financiers transmettent effectivement certaines informations à l'administration fiscale via la déclaration IFU (Imprimé Fiscal Unique). De l'autre, certains choix fiscaux, notamment entre flat tax et barème progressif, doivent être faits activement par le contribuable dans son Cerfa 2042. Si vous ne faites rien, c'est le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 % qui s'applique par défaut, ce qui n'est pas forcément la meilleure option selon votre situation.
Comprendre les règles de la fiscalité assurance-vie et du PEA, c'est donc potentiellement économiser plusieurs centaines, voire milliers, d'euros chaque année.
Déclarer ses revenus de PEA aux impôts : ce qu'il faut savoir
Quand est-on imposé sur son PEA ?
Le PEA bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu particulièrement attractive, à condition de respecter certaines règles de durée de détention. Mais cette exonération n'est pas totale et ne s'applique pas dans toutes les situations.
Retraits avant 5 ans
Si vous effectuez un retrait ou un rachat partiel avant les 5 ans de votre PEA, le plan est en principe clôturé (sauf exceptions légales comme le licenciement, l'invalidité ou la création d'entreprise). Les plus-values réalisées sont alors imposées au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG CRDS incluse). Vous devrez déclarer ces gains dans votre déclaration de revenus.
Retraits après 5 ans
Après 5 ans de détention, les plus-values et dividendes réalisés sur votre PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % restent dus. Dans ce cas, il n'y a généralement rien à déclarer dans la case revenus imposables, votre banque prélève directement les prélèvements sociaux lors du retrait.
Faut-il déclarer son PEA même si on n'a pas fait de retrait ? Non. Tant que vous ne retirez pas de sommes de votre PEA, les gains restent dans l'enveloppe et ne sont pas imposables ni à déclarer. L'imposition n'intervient qu'au moment du retrait ou de la clôture du plan.
Quelle case remplir pour le PEA dans le Cerfa 2042 ?
En cas de clôture ou de retrait imposable avant 5 ans, les gains doivent être reportés dans le formulaire 2042. Votre banque vous transmet un IFU qui détaille les montants à reporter.
Les cases à connaître :
- Case 2DC : plus-values et gains taxables au PFU (flat tax à 12,8 %)
- Case 2BH : si vous optez pour le barème progressif, les gains sont à reporter ici
- Case 2CG : prélèvements sociaux déjà prélevés à la source (à ne pas déclarer à nouveau)
Si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 % (c'est-à-dire si vous êtes dans la tranche à 0 % ou 11 %), il peut être plus avantageux d'opter pour le barème progressif. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers pour l'année.
Les prélèvements sociaux sur PEA : automatiques ou à déclarer ?
Pour les retraits après 5 ans, les prélèvements sociaux (17,2 %) sont prélevés directement par votre banque au moment du retrait. Vous n'avez rien à déclarer. Pour les retraits avant 5 ans, ils sont intégrés dans le PFU de 30 % et votre IFU fait le détail. Vérifiez toujours votre IFU avant de valider votre déclaration pré-remplie.
Déclarer la fiscalité assurance-vie : les règles selon la durée de détention
La fiscalité assurance-vie est plus complexe que celle du PEA, car elle dépend à la fois de la durée de détention du contrat et de la date des versements. La déclaration impôts PEA assurance-vie ne suit pas les mêmes logiques pour ces deux enveloppes.
Avant 8 ans : imposition sur les rachats partiels et totaux
Si vous effectuez un rachat partiel ou total avant 8 ans de détention du contrat, les intérêts et plus-values générés sont imposables. Depuis 2018, ils sont soumis par défaut au PFU de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux).
Votre assureur prélève une partie à la source et vous transmet un IFU. Les montants doivent être reportés dans le formulaire 2042 C (formulaire complémentaire) :
- Case 2YY : produits des contrats d'assurance-vie soumis au PFU
- Case 2ZZ : si vous optez pour le barème progressif
Après 8 ans : l'abattement et les cases spécifiques
Passé 8 ans, la fiscalité assurance-vie devient nettement plus avantageuse grâce à un abattement annuel sur les gains retirés.
Abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €
Chaque année, vous bénéficiez d'un abattement sur les gains issus de rachats :
- 4 600 € pour une personne seule
- 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune
Cet abattement s'applique uniquement à la partie "gains" du rachat, pas au capital remboursé. Si vos gains retirés restent en dessous de ces seuils, vous ne payez pas d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Case 2CH et formulaire 2042 C : mode d'emploi
Pour les contrats de plus de 8 ans, les gains sont à reporter dans le formulaire 2042 C :
- Case 2CH : produits des contrats d'assurance-vie de plus de 8 ans soumis au taux réduit de 7,5 %
- Case 2OP : case à cocher si vous optez pour le barème progressif plutôt que le taux forfaitaire
L'abattement de 4 600 € / 9 200 € est appliqué automatiquement par l'administration sur les montants déclarés en case 2CH.
Quelle case remplir pour les gains de son assurance-vie ? Cela dépend de l'âge du contrat. Avant 8 ans → case 2YY (formulaire 2042 C). Après 8 ans → case 2CH (formulaire 2042 C). Votre IFU indique toujours les montants exacts à reporter et dans quelle case.
PFU 30 % ou barème progressif : comment choisir ?
Comment choisir entre flat tax et barème progressif pour son assurance-vie ?
L'option barème progressif est intéressante si votre taux marginal d'imposition est faible (0 % ou 11 %). Dans ce cas, vous payez moins que les 12,8 % du PFU. En revanche, si vous êtes dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %, le PFU est clairement plus avantageux.
Attention : l'option barème est globale et irrévocable pour l'année. Elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers (PEA clôturé avant 5 ans, dividendes, intérêts, assurance-vie…). Faites le calcul avant de cocher la case 2OP.
Déclaration impôts PEA assurance-vie : les erreurs les plus fréquentes
Oublier de déclarer un rachat partiel
C'est l'erreur numéro un. Beaucoup d'épargnants croient qu'un rachat partiel n'est pas imposable ou que l'assureur s'en occupe entièrement. La réalité : si votre contrat a moins de 8 ans, les gains issus d'un rachat partiel doivent être déclarés dans votre Cerfa 2042 C. L'administration fiscale reçoit l'IFU de votre assureur et peut croiser les informations.
Confondre prélèvements sociaux et impôt sur le revenu
Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) représentent 17,2 % et sont souvent prélevés directement par l'assureur ou la banque lors du retrait. L'impôt sur le revenu, lui, est soit prélevé à la source (acompte), soit régularisé à la déclaration. Ces deux composantes sont distinctes : ne les additionnez pas à la main pour calculer votre imposition, fiez-vous à votre IFU et aux montants pré-remplis.
Ne pas renseigner la durée de détention correctement
La date d'ouverture du contrat, et non la date des versements, détermine l'éligibilité à l'abattement 8 ans pour l'assurance-vie, et à l'exonération 5 ans pour le PEA. Si votre contrat a été ouvert avant 2018 et que vous n'avez jamais effectué de retrait, la durée de détention peut jouer fortement en votre faveur. Vérifiez toujours cette date avant de déclarer.
Récapitulatif : votre checklist déclaration impôts PEA assurance-vie
Avant de valider votre déclaration, passez en revue ces points :
PEA :
☐ Avez-vous effectué un retrait ou clôturé votre PEA en 2025 ?
☐ Si oui : votre PEA avait-il plus ou moins de 5 ans ?
☐ Avant 5 ans → reportez les gains en case 2DC (ou 2BH si option barème)
☐ Après 5 ans → seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, déjà prélevés à la source
Assurance-vie :
☐ Avez-vous effectué un rachat partiel ou total en 2025 ?
☐ Votre contrat a-t-il moins ou plus de 8 ans ?
☐ Moins de 8 ans → case 2YY du formulaire 2042 C
☐ Plus de 8 ans → case 2CH du formulaire 2042 C, abattement de 4 600 € / 9 200 € applicable
☐ Souhaitez-vous opter pour le barème progressif ? → case 2OP (réfléchissez bien, c'est global)
Dans tous les cas :
☐ Comparez votre IFU avec les montants pré-remplis sur Impôts.gouv
☐ Vérifiez que les prélèvements sociaux déjà prélevés à la source n'ont pas été comptabilisés deux fois
☐ En cas de doute, consultez un conseiller fiscal avant la date limite de déclaration
Quand les prélèvements sociaux sont-ils prélevés à la source ou à déclarer ? Pour le PEA après 5 ans et pour les fonds euros d'assurance-vie : à la source, chaque année. Pour les unités de compte (UC) d'assurance-vie : au moment du rachat. Dans tous les cas, votre IFU précise ce qui a déjà été prélevé.
Pour aller plus loin, consultez nos articles sur la fiscalité de l'assurance-vie et la succession, sur comment ouvrir un PEA, et sur comment réduire ses impôts grâce à l'épargne.
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