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Rachat partiel assurance-vie : quelle fiscalité ?

Switche | Mise à Jour le 15/07/2026 | 6 minutes de lecture

Switche

Expert en investissement responsable

Rachat partiel assurance-vie : quelle fiscalité ?

Introduction

 

Contrairement à une idée reçue tenace, l'argent placé en assurance-vie n'est jamais bloqué. Vous pouvez retirer une partie de votre épargne à tout moment, sans fermer votre contrat : c'est le rachat partiel. Deuxième idée fausse à corriger : non, vous ne serez pas taxé sur la totalité du montant retiré. Seule la part de gains contenue dans le retrait est imposable et la mécanique fiscale, une fois comprise, ouvre de vraies marges d'optimisation.

 

 

 

Qu'est-ce qu'un rachat partiel d'assurance-vie ?

 

Un rachat partiel consiste à retirer une fraction du capital de votre contrat tout en le laissant ouvert. Il se distingue du rachat total, qui vide et clôture le contrat. Cette distinction est capitale : le rachat partiel préserve l'antériorité fiscale de votre assurance-vie. Un contrat ouvert il y a douze ans reste un contrat de douze ans le lendemain d'un rachat, le compteur des huit ans n'est jamais remis à zéro. La fraction non retirée continue par ailleurs de produire des intérêts. Il n'existe aucune limite légale au nombre de rachats partiels : vous pouvez en programmer chaque mois si vous le souhaitez.

 

 

 

Comment est calculée la part imposable d'un rachat partiel ?

 

Lors d'un rachat partiel, vous ne retirez ni uniquement du capital, ni uniquement des gains, mais une quote-part proportionnelle des deux. Le capital que vous aviez versé n'est jamais taxé ; seuls les produits (intérêts du fonds en euros et plus-values des unités de compte) le sont. La formule officielle (BOFiP) est la suivante :

 

Part imposable = Montant du rachat × (Gains totaux du contrat ÷ Valeur totale du contrat)

 

Un exemple chiffré

 

Prenons un contrat valorisé à 100 000 €, alimenté par 80 000 € de versements, soit 20 000 € de gains. Vous effectuez un rachat partiel de 10 000 €. La part imposable s'élève à 10 000 × (20 000 ÷ 100 000) = 2 000 €. Sur vos 10 000 € retirés, seuls 2 000 € entrent dans le champ de l'impôt : le reste est considéré comme un remboursement de votre capital, non taxable. C'est cette dilution qui rend le rachat partiel si efficace.

 

 

 

Quelle fiscalité pour un rachat partiel d'assurance-vie ?

 

Une fois la part imposable calculée, son traitement dépend de deux paramètres : l'ancienneté du contrat (le seuil des huit ans est déterminant) et la date des versements (avant ou après le 27 septembre 2017).

 

Avant 8 ans : le prélèvement forfaitaire unique à 30 %

 

Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, un rachat avant huit ans place la part de gains sous le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), sans abattement. L'assurance-vie reste néanmoins intéressante sur un horizon court : la fiscalité y est plafonnée à 30 %, et surtout, chaque année qui passe rapproche du cap des huit ans.

 

Après 8 ans : abattement annuel et taux réduit de 7,5 %

 

C'est là que l'assurance-vie déploie son avantage. Au-delà de huit ans, la part de gains bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, applicable sur l'ensemble des rachats de l'année, tous contrats confondus, et renouvelé chaque 1er janvier. Au-delà de cet abattement, le taux d'impôt sur le revenu tombe à 7,5 % pour les gains correspondant à des versements inférieurs à 150 000 € (12,8 % au-delà de ce seuil, apprécié sur le cumul de vos versements nets). En calibrant des rachats partiels annuels sous le plafond d'abattement, un épargnant peut « purger » des dizaines de milliers d'euros de plus-values sans payer d'impôt sur le revenu.

 

L'exception 2026 : des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %

 

Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur la plupart des revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 %. L'assurance-vie est expressément exclue de cette hausse : ses gains restent taxés à 17,2 %, là où le PEA ou le compte-titres subissent désormais 18,6 %. Un avantage relatif de 1,4 point qui renforce l'attrait de l'enveloppe. Attention toutefois à un piège fréquent : l'abattement de 4 600 € ou 9 200 € s'impute uniquement sur l'impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux. Un rachat correspondant à 4 600 € de gains sur un contrat de plus de huit ans ne paie aucun impôt sur le revenu, mais bien 791 € de prélèvements sociaux (17,2 % × 4 600 €).

 

 

 

PFU ou barème progressif : comment choisir lors du rachat ?

 

À chaque rachat, vous pouvez renoncer au prélèvement forfaitaire et opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option, globale pour l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, est avantageuse si votre tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 % : votre taux d'impôt y sera inférieur aux 12,8 % du PFU. La loi de finances 2026 a introduit une souplesse supplémentaire en rendant ce choix révocable dans un délai de trois ans. Si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), vous pouvez aussi demander une dispense du prélèvement à la source.

 

 

 

Les pièges à éviter avant de racheter

 

Trois réflexes protègent votre optimisation. D'abord, ne jamais racheter à quelques mois du cap des huit ans : attendre transforme une fiscalité de 30 % en un taux effectif souvent inférieur à 5 %. Ensuite, garder à l'esprit la dimension successorale, un contrat peu racheté transmet davantage à vos bénéficiaires avec l'abattement de 152 500 € par personne (versements avant 70 ans) ; un rachat massif juste avant une transmission est fiscalement destructeur. Enfin, éviter de « cristalliser » une moins-value en rachetant des unités de compte en creux de marché. Bien géré, le rachat partiel reste l'un des leviers fiscaux les plus puissants de l'assurance-vie.

 

 

 

L'essentiel à retenir

 

Le rachat partiel d'assurance-vie n'a rien d'un saut dans l'inconnu : votre contrat reste ouvert, son ancienneté est préservée, et seule une fraction de gains est imposée. Passé huit ans, l'abattement annuel et le taux réduit de 7,5 % en font un outil de sortie progressive quasi indolore, d'autant que les prélèvements sociaux y restent à 17,2 % en 2026. La règle d'or : anticiper le calendrier plutôt que de racheter dans l'urgence.

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